Judith Marin – François Réau

JUDITH MARIN ET FRANÇOIS RÉAU : UN PROJET « À QUATRE MAINS »

La pratique collective ou les pigments gourmands

En parallèle de leurs recherches personnelles, Judith MARIN et François RÉAU ont débuté depuis fin 2010 ce projet commun de peinture « à quatre mains ».

A l’heure de l’individualisme et d’une société au fonctionnement toujours un peu plus déshumanisant, leur approche de « construire ensemble » se présente comme une réelle alternative. Ce projet qui consiste à appréhender l’un après l’autre l’œuvre en construction comme un espace de partage, d’échange et de doute, permet à chacun la pratique et le questionnement de son propre langage mais surtout de rebondir aux propositions picturales et plastiques de l’autre…

De ce jeu de combinaisons et de correspondances en découle un récit hypothétique et pourtant pleinement lisible.

Judith MARIN et François RÉAU, deux artistes peintres, deux univers différents, qui décident de travailler ensemble, de s’associer dans une conjugaison de techniques mixtes : les peintures figuratives de Judith avec l’utilisation typique de sa palette de pigments noirs sur fond blanc et la recherche picturale abstraite de François, tout en matière avec ses pigments de couleurs.

Pigments violents:

A travers la symbolique triangulaire du Père, du Fils et du Saint Esprit, ils souhaitent présenter leur vision du monde actuel : un dieu désincarné, un fils en perdition et une colombe à l’agonie… Tout en  suscitant une réflexion autour du religieux, de son rapport à l’art et au monde.

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Uni-Vert

Sommes-nous prêts à abandonner l’idée que le bien-être est indissociable de la consommation? J’ai peint des paysages du monde dans lequel je vis: une production intensive pour une consommation intensive bien au-delà de nos besoins.
Seront-ils les images d’un passé révolu ou d’un avenir suicidaire?

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Dossier de presse Uni-Vert

 

 

Louis Marin

Corriger les lieux

Corriger les lieux - 1991 - photo argentique - 10 x 15 cm

L’océan en  son advenir ne corrige ni s’efface dans sa venue, à son départ, ne donne ni ne prend. Car Venir est, dans un son instant bref, est contemporain de partir.et
Partir, au plus loin grand son extrême de l’éloignement, à l’son horizon indiscernable du de ciel est le commencement d’un retour. Au plus proche, au plus lointain, le temps. le temps. Le temps ici s’inscrit dans l’espace; tout au plus, au plus lointain, l’espace ici maintenant se meut au fil selon la marche du temps; dans l’un, un moment, au plus proche, ces cailloux noirs, ces herbes sèches que le vent échevelle, au plus vaste dans l’autre, au plus vaste, dans la distance qui s’accroît, de grandes orbes concentriques au à un centre qui se déplace et se creuse dans un repli redan de la falaise: le moment temps ici se fait lieu, irrepérable, irréparable, l’espace, sinon dans l’espace maintenant en cet exp cette répétition, maintenant, se devient déjà moment, toujours, au plus proche, au plus loin. La trace du passage, en son sillon, in the wake of the Flood, déjà, rempli trace en une permanente invite lunaire un remplissement mesuré au plus par le lointain, par delà dans l’inscrutable horizon blanc; comme comme la montée du retour toujours s’efface pour une la perte instantanée, d’un coffre de marin un évènement, à l’aplomb du saillant où la côte s’avance vers une renc nécessaire rencontre nécessaire, la perte d’un coffre de marin à demi enfoncé dans le sable; qui dans à son arrivée, repartira. Evènement, présent immobile du rythme où la présence et l’absence s’intensifient l’une l’autre, à leur exacte mesure; état d’un flux pour toujours arrêté à ce lieu, déjà en mouvement à partir de cette image.

Louis Marin, 1991, texte à partir d’une photographie de Judith Marin, extrait de la revue Trois: Corriger les lieux.

Mon père m’appelait souvent à son bureau lorsqu’il écrivait un article où il analysait une oeuvre afin que nous vérifions ensemble les couleurs.  Je peignais alors à l’huile et réalisait bon nombre de copies de maitres comme autant d’exercices à mon apprentissage. Ainsi, je décomposais la couleur des différentes zones du tableau qu’il me désignait: « Ici, on a une base de terre de sienne avec du blanc, un peu d’ocre jaune et aussi une pointe de vermillon » ou encore « Par là, l’ombre portée est faite d’un mélange de vert émeraude et d’outre-mer foncé »… J’étais si fière de pouvoir l’aider dans ses recherches.
Mon père dessinait très bien. A sa maladie, il a souhaité que je lui apprennes l’aquarelle. Nous partions bras-dessus bras-dessous peindre sur le vif.
Sa mort fut un écroulement. Tout ce à quoi je croyais s’est effondré d’un coup. Le lien de peinture si fort qui nous unissait était rompu lui aussi et tout ce qui me constituait n’était plus.
C’est toute ma passion qui ne pouvait plus être et je me refusais à la peinture. Le deuil.
Plus de couleurs , toutes les couleurs en une seule: le noir.
Plus de pinceaux, ni de brosses, tout est un outil de peinture emprunté à la vie quotidienne.
Ces noires empreintes m’ont redonnée vie comme ces moments partagés avec mon père qui semblait remplir alors ce qui allait devenir un grand vide.
Pendant sa maladie, mon père m’avait proposé d’illustrer un article qu’il devait écrire sur le thème « corriger les lieux ». Il me demanda ensuite de lui apporter plutôt une création de mon choix sur laquelle il écrirait un texte. J’apprenais alors un peu la photographie en école d’art et bien que j’en tirais beaucoup de plaisir, je n’étais pas douée. Cette photo-ci n’est pas bonne mais elle me ressemble car elle aurait pu devenir (et deviendra peut-être) le sujet d’une de mes toiles. Quant au texte, mon père s’amusa beaucoup, il l’écrivit comme un poème. Il souhaita qu’il soit publié comme il l’avait écrit avec ratures et hésitations entre les mots.

Dégats collatéraux / Effets indésirables

« Dommages collatéraux » est un terme apparu aux USA lors de la guerre du Vietnam et popularisé pendant la guerre en Irak pour nommer les morts et les dégats civils. J’ai voulu montrer que cette notion est parfaitement transposable dans le domaine économique actuel: toute la société américaine s’est construite sur cette idée brutale, condition nécessaire de l’ultralibéralisme, théorie fondée par Milton Friedman (Ecole de Chicago), appliquée par le sinistre dictateur Pinochet notamment et qu’on retrouve avec ces monstrueuses multinationales comme Monsanto (ici, son PDG : Hugh Grant). J’ai souhaité ainsi confronter ces hauts responsables à des images –télévisées-: une pensée et un monde qui se déshumanisent. Sommes-nous au final en train de fabriquer notre propre mort ?

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Dossier de presse Dégâts Collatéraux

 

Promesse d’une ville

La ville apparait sous un aspect nouveau et captivant auquel font écho les visions subtilement déréglées de JM, où les proportions vacillent et construisent une cité qui semble asséchée, comme un bois mort sur le point de rompre.
« Visions subtilement déréglées, où les proportions vacillent et construisent un monde qui semble asséchée, comme un bois mort sur le point de rompre. »

Thomas Schlesser, Art Tension mars 2010

Plus familiers semblent les tableaux de Judith Marin. Mais, en réalité, il s’agit d’un paysage urbain fantomatique, tantôt des constructions immenses et squelettiques, proches des échafaudages, tantôt des villes faiblement éclairées, vidées de leurs habitants.

Itzhak Golberg, comissaire de l’exposition

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Dossier de presse Promesse d’une ville

Article d’Artension

 

Carte Blanche Compagnie Illico – Thomas Lebrun à Roubaix

Judith Marin Carte Blanche Thomas Lebrun

Carte Blanche Thomas Lebrun l'affiche

Quand Thomas Lebrun m’annonça qu’il souhaitait ma participation en tant qu’artiste à sa Carte Blanche au Gymnase de Roubaix en 2008, j’acceptai illico! Ayant travaillé pendant plusieurs années aux décors des chorégraphies de sa compagnie (Compagnie Illico), je retrouvai ainsi le plaisir du spectacle vivant et de la scène. Le lieu étant un décor à lui seul, un ancien gymnase du début du siècle, c’est bien en tant qu’artiste que j’investis, habitai et habillai l’espace pour l’évènement. J’ai cherché à créer des ambiances particulières, variées, autant d’univers différents comme autant d’artistes participants. La voix de la chanteuse Camille, les chorégraphies de Christine Bastin et Raphaël Cottin trouvaient un écho dans la galerie de portraits ou les corps suspendus…

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Présentation de la Carte Blanche